Le Furoshiki, l’art de plier les tissus à la japonaise

By 4 February 2020 March 9th, 2020 Activités

Le Furoshiki, l’art de plier les tissus à la japonaise

furoshiki

Ca y est, vous avez enfin trouvé tous vos cadeaux, et il ne vous manque plus maintenant qu’à les emballer ? Problème : impossible de mettre la main sur du papier cadeau, ou bien vous avez des scrupules écologiques ? Dans ce cas, le Furoshiki est fait pour vous.

Qu’est ce que le Furoshiki précisément ?

Le Furoshiki est un art traditionnel japonais. Plus exactement, c’est une technique qui permet de plier et nouer du tissu (« Furoshiki » est aussi le nom du tissu). Ainsi, les japonais l’utilisent pour emballer des cadeaux, mais aussi pour transporter des objets, comme par exemple des vêtements ou bien leur bentō (le bentō est un petit repas rapide pris en-dehors de chez soi. C’est l’équivalent de notre casse-croûte ou de notre gamelle en France). 

Toutefois, comme le Furoshiki est devenu très populaire ces dernières années, il est maintenant utilisé pour transporter toutes sortes d’objets, allant de la bouteille d’eau à l’ordinateur portable, en passant par un bouquet de fleurs, une plante en pot, un livre ou encore un instrument de musique. Certain.e.s s’en servent également de sac à dos ou de sac à main.

Si on qualifie cette activité d’ «art», c’est bien parce qu’elle est extrêmement subtile, et qu’elle requiert patience, précision et minutie. En effet, chaque couleur, chaque motif, chaque nœud, chaque pli du tissu a une signification, et peut potentiellement véhiculer un message. 

En outre, le Furoshiki, lorsqu’il est utilisé comme emballage de cadeau, fait partie intégrante du présent que l’on offre. Pour cette raison, on ne peut pas le plier n’importe comment, ni choisir le premier bout de textile qui nous tombe sous la main. 

Quelles sont les caractéristiques essentielles à connaître ?

Si traditionnellement le Furoshiki doit suivre des critères bien précis et stricts, sa récente démocratisation a fait que désormais, une plus grande diversité peut être acceptée. Cette moins grande sévérité s’applique notamment aux types de tissu, aux motifs et aux couleurs utilisés, par exemple. 




Forme et taille

La tradition veut que le tissu soit de forme rectangulaire. Néanmoins, aujourd’hui, comme la forme carrée est plus pratique pour les industries afin d’en produire davantage, c’est essentiellement dans cette forme-là que vous pourrez en trouver. 

La taille du Furoshiki, elle, diffère selon l’utilisation que l’on veut en faire. Voici quelques indications, en fonction de l’objet que vous voulez emballer : 

  • 36 cm de côté : cette taille est privilégiée pour emballer de toutes petites boîtes.
  • 45 cm de côté : c’est une des tailles les plus utilisées. Vous pouvez y envelopper de l’argent. Au Japon, on en offre notamment lors des cérémonies (au cours de fêtes, de mariages ou de funérailles). 
  • 50 ou 52 cm de côté : la taille idéale pour emballer les fameux bentō ou bien de petits présents.
  • 68, 70 ou 75 cm : il s’agit ici des Furoshiki que l’on trouve le plus fréquemment, car ils offrent un large éventail de possibilités pour empaqueter des cadeaux de toute sorte.
  • 90 cm : pratique pour transporter une bouteille d’eau, quelques courses, des livres, ou encore pour en faire un sac à main.
  • 105, 110 ou 118 cm : ce sont les Furoshiki avec ces dimensions-là qui sont le plus utilisés pour confectionner des sacs.
  • 128, 130 ou 140 cm : les japonais utilisent des pièces de cette taille afin de fabriquer de grands paniers à pique-nique, ou pour envelopper des vêtements ou bien des coussins.
  • 150 cm : certains grands objets assez encombrants pourront être transportés ainsi.
  • De 175 à 230 cm : ce sont de très grands Furoshiki, souvent utilisés lors de déménagements par exemple, afin de transporter des couettes ou des futons.

Mais il n’y a pas que la taille qui doit être adaptée aux objets que l’on veut transporter et/ou emballer. En effet, la résistance du tissu est aussi très importante, et donc le matériau dans lequel le Furoshiki est confectionné.

Composants du tissu

Traditionnellement, les japonais utilisaient de la soie ou du crêpe pour offrir des cadeaux ou emballer des objets précieux. Désormais, les Furoshiki sont aussi faits de coton, de laine ou bien de matières synthétiques (polyester, viscose et nylon notamment).

Ensuite, il faut bien évidemment adapter le tissu utilisé aux objets que vous désirez transporter. Par exemple, si la soie est utilisée pour protéger les choses de valeurs, elle devrait être réservée aux objets assez légers. Pour les poids plus importants et les tailles plus imposantes, préférez du coton ou du synthétique bien solides.




Couleurs et motifs

De nombreux symboles résident dans les couleurs et dessins utilisés. Vous pouvez ainsi faire passer énormément de messages sans avoir recours au moindre mot. Comme pour le kimono et la ceinture obi, le choix des couleurs et des motifs est influencé par les saisons, la période, les circonstances…  Mais aussi par la personne à laquelle on va offrir un présent.

Quelques significations de couleurs : 

  • Tous les rouges : ce sont des couleurs qui transmettent des félicitations, et qui assurent la personne à laquelle vous l’offrez de votre soutien et de votre protection.
  • Les vert clair, bleu clair et doré : d’une manière générale, les couleurs claires sont utilisées pour célébrer des circonstances heureuses.
  • Le matcha clair : plus particulièrement, cette couleur douce, la même que celle du thé vert japonais, symbolise la beauté et la permanence des choses.
  • Le rose pastel : surtout utilisée lors des fêtes et des mariages, elle est particulièrement appréciée au printemps.
  • Indigo foncé : au Japon, il n’est pas bien vu de porter des couleurs vives lors d’événements tristes. Ainsi, cette couleur, très populaire, est souvent utilisée lors de funérailles. Mais on y a également recours en été.
  • Le violet : symbole de longévité et perçue comme la plus noble des couleurs, le violet peut être employé à n’importe quelle occasion. Il est surtout adopté lors des fêtes.

Quant aux motifs :

  • Les symboles des quatre saisons : en fonction de la saison, on représentera le type de fleur, oiseau, lune ou vent adéquat. Par exemple, la fleur de cerisier représente le printemps, les fleurs de prunier et la neige évoquent le mois de février, la feuille d’érable rappelle l’automne…
  • Pour féliciter quelqu’un : choisissez des dessins de pins, de prunes, de bambous, de vagues…
  • Pour un événement triste : les fleurs de lotus sont souvent utilisées.
  • Concernant les motifs répétés : l’arabesque est un symbole de prospérité et de longévité, la chrysanthème de prospérité et de vertu, la feuille de lin et le lapin sont des porte-bonheur, la grue représente la victoire et les bons présages, le coquillage la fidélité amoureuse…

Origine

Les japonais ont toujours utilisé des emballages, faits de diverses matières, pour transporter leurs objets. Si au départ ils avaient recours à des végétaux (feuilles d’arbres, paille), ils ont commencé à employer des pièces de tissu lors de l’ère Nara (710-794) pour emballer des objets précieux, puis pour emballer des vêtements, en particulier les costumes de danse.

Le terme furoshiki est apparu comme tel lors de l’ère Edo, et à cette époque on s’en servait surtout pour empaqueter ses vêtements et ses affaires avant d’aller aux bains publics. Plus tard, ils étaient même étendus par terre pour se sécher les pieds au sortir des bains. D’où sa traduction littérale : furo, « le bain », et shiki, « étalé ».

Son utilisation a été peu à peu oubliée après la Seconde guerre mondiale, notamment avec l’installation de salles de bains individuelles dans les maisons et le recours à des emballages plastiques. 

Toutefois, son utilisation est actuellement de plus en plus promue depuis quelques années par le ministère de l’Environnement et les associations écologiques du Japon, pour trouver une alternatives aux emballages polluants. 

3 bonnes raisons de s’y mettre :

Parce que c’est pratique et tendance

Les techniques de confection sont plus ou moins rapides à réaliser, et une fois plié ce bout de tissu léger ne prend pas de place. 

Si l’on veut respecter la tradition japonaise, on utilisera de véritables Furoshiki, fabriqués spécialement pour cet emploi. Néanmoins, aujourd’hui de plus en plus de personnes reprennent ce concept en utilisant n’importe quel bout de tissu récupérable : une taie d’oreiller, un vêtement qui n’est plus porté, une chute de tissu, un drap, un foulard…

On peut également en trouver de toutes les tailles et user de son imagination pour inventer sans cesse de nouvelles utilisations : serviette de plage, sac, accessoire de mode (par exemple en bandeau pour cheveux pour les plus petites pièces, en écharpe, en foulard, en ceinture, voire même en jupe ou en robe), panier de pique-nique, plaid, housse de coussin, nappe…

Parmi les utilisations les plus surprenantes, certaines personnes y ont même vu des langes pour changer leur bébé ! 

Parce que c’est original et écolo

Chaque année, environ 5000 milliards de sacs plastiques sont utilisés, ce qui correspond à presque 10 millions de sacs par minute, et 16 000 par seconde. Si on utilise un sac plastique pendant environ 20 minutes en moyenne, il met 100 à 400 ans à se dégrader. Ces sacs constituent donc un fléau écologique plus que préoccupant.

Si on ajoute à cela les 11 millions de tonnes de papier qui sont utilisées en France annuellement, dont la moitié sont des papiers cadeaux qui ne sont pour la plupart d’entre eux pas réutilisables, il y a de quoi désespérer.

Or, non seulement le Furoshiki est réutilisable à l’infini, mais on peut aussi en dénicher qui sont fabriqués à partir de matériaux de récupération. Il constitue donc une alternative idéale aux sacs plastiques et emballages papiers. 

Pour cette raison, il est le symbole du Mottainai au Japon, qui désigne un sentiment de dégoût face au gaspillage et prône une meilleure utilisation des ressources naturelles. Il s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans la politique des trois R (réduire, réutiliser, recycler) qui vise à mieux gérer les déchets.

En outre, il constitue un présent inattendu et original, qui saura séduire la personne qui le recevra, et qui fera peut-être même des jaloux.se.s ! 

Parce que c’est élégant et discret

Le Furoshiki est aussi devenu une œuvre d’art, au sens où il est souvent utilisé pour réaliser des travaux artistiques (comme des tableaux par exemple), notamment grâce à ses couleurs et à ses motifs, qui peuvent allier tradition et modernité.

C’est également un outil de discrétion. En effet, au Japon il est très impoli d’ouvrir un cadeau devant celui ou celle qui vous l’a offert. Le Furoshiki est donc un bon moyen de faire plaisir tout en ayant la possibilité de rester discret.




Quelques techniques

Même s’il s’est beaucoup répandu récemment, il est fortement conseillé de s’exercer au préalable pour apprendre les différentes méthodes de pliage avant d’en offrir directement à quelqu’un. Pour certaines personnes, le Furoshiki est même devenu un loisir à temps plein, comme l’origami l’est pour d’autres.

Comme il sera certainement plus facile pour vous de vous familiariser à ces techniques avec des images plutôt qu’avec des explications écrites, voici des schémas tirés tout droit du Ministère de l’Environnement japonais : 

En fait, il y a trois techniques de base de Furoshiki pour emballer des objets : 

  • L’Hirazutsumi, l’emballage simple
  • L’Hitotsumusubi, l’emballage avec un nœud
  • Le Futatsumusubi, l’emballage avec deux nœuds

Les autres techniques sont des dérivés de ces trois-là. Voici quelques explications pour certaines situées au-dessus :

  • L’Otsukai Tsutsumi est la technique la plus populaire, utilisée notamment pour emballer des objets carrés.
  • Le Hira Tsutsumi est employé pour emballer des objets dans des Furoshiki faits de crêpe de soie.
  • Le Suika Tsutsumi, lui, sert à emballer des objets ronds.
  • On a recours aux Bin Tsutsumi pour emballer une ou plusieurs bouteilles.
  • Le Kakushi Tsutsumi est adopté pour emballer des objets lourds et/ou pour offrir des cadeaux formels. On ne voit pas de nœud sur le dessus.

Sources

https://www.quartier-japon.fr/sites/default/files/quartier_japon_-_livret_furoshiki.pdf
https://www.ladepeche.fr/article/2018/06/05/2811647-5-000-milliards-sacs-an-monde-malade-consommation-plastique.html
https://universdujapon.com/blogs/japon/furoshiki-japonais

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